Saint Louis

Par Angélique Provost

Sa vie

C’est le 25 avril 1214, à Poissy, que Blanche de Castille et Louis VIII donnèrent naissance à leur bien-aimé fils Louis. L’enfant  ne grandira que douze ans aux côtés de son père, avant de se voir octroyer les fonctions royales, à la cathédrale de Reims, le 26 novembre 1226. Fonctions alors remises à sa pieuse mère jusqu’à sa majorité.

Ces neuf années de régence furent également celles de l’éducation du futur monarque à l’école de Blanche de Castille. Chacun sait la tendre rigueur avec laquelle elle éleva son enfant, à travers son précepte premier : « Mon fils, je préfèrerais vous voir mort à mes pieds que de vous savoir coupable d’un seul péché mortel ».

Sa majorité venue, chacun put en mesurer l’efficacité : à vingt-et-un ans, Louis était roi, actif, ferme, pondéré et juste, digne héritier de la lignée capétienne dont il était issu. Sa fermeté lui fit tenir tête aux évêques de son royaume lorsque ce fut nécessaire. Il ne se laissa pas impressionner par le statut de prélat. Dans un souci de justice, il punissait ceux qui abusaient de leur autorité spirituelle dans le royaume temporel, malgré la protection que leur accordait le pape Grégoire IX. Il savait cependant faire preuve du respect et de la soumission dus au Saint Père. Innocent IV — sous le pontificat duquel notre bon roi dut faire face aux querelles entre le Sacerdoce et l’Empire, mais aussi à la croisade —, couvrit le souverain d’éloges (scène émouvante que Louis Jean François Lagrenée mit en peinture) : « C’est vous, notre très cher fils, vous, le prince le plus glorieux de l’univers devant Dieu et devant les hommes (…) qui avez décidé de venir immédiatement à notre secours… »

Louis fut un roi sainement ambitieux. Affranchi de la tutelle maternelle en 1242, il ouvrit alors une ère de traités, d’agrandissement du territoire et de réconciliation. Il matta la révolte des seigneurs du Midi le 30 octobre 1242 en signant le traité de Lorris avec Raymond VII. Celui-ci renonça à Narbonne et Albi et s’engagea à combattre l’hérésie cathare. Quelque années plus tard, le 28 mai 1258, le roi d’Angleterre Henri III Plantagenêt et le roi de France Louis IX signèrent le traité de Paris, mettant ainsi fin à un conflit datant de plus d’un siècle. Enfin, par le traité de Corbeil du 11 mai 1258, Louis IX abandonna sa suzeraineté sur Barcelone et le Roussillon. En échange, Jacques Ier d’Aragon renonça à ses droits sur la Provence et le Languedoc. Pour sceller ce traité, Louis IX maria sa fille Blanche avec l’infant de Castille, Ferdinand de la Cerda, et Jacques Ier d’Aragon maria la sienne, l’infante Isabelle, avec le fils de Louis IX, le futur Philippe III.

En décembre 1244, le roi Louis IX tomba gravement malade et sentit venir la mort. En cas de guérison, il promit à Dieu de partir en croisade. Quelques semaines plus tard, son rétablissement fut miraculeux : il tiendra parole. Malgré les tentatives de dissuasion d’une mère aimante, rétabli, le roi s’apprêta à partir pour les royaumes chrétiens d’Orient en difficulté. C’est le 12 juin 1248, que saint Louis, roi de France, brandit l’oriflamme de ses ancêtres capétiens en la basilique de Saint-Denis et part avec son épouse la reine Marguerite de Provence, et ses trois frères, Robert Ier d’Artois, Charles d’Anjou et Alphonse de Poitiers.

Cette première croisade sera marquée par la captivité du roi Louis : une première dans l’histoire de France. Avec la plupart de ses soldats, il sera fait prisonnier par les mamelouks, maîtres de l’Egypte, au cours de la bataille de Fariskur. C’est à l’Ordre du Temple qu’ils durent une libération coûteuse, en mai 1250, un mois après le début de leur captivité.

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